Mariage Benoit & Isabelle

                                                                                                                                                                     144ème version

 

Il est de coutume de présenter celui dont on est le témoin à sa belle famille. En deux mots, Benoît est un être d'exception, culturelle notamment. Il est sensible, cultivé, intelligent et sportif. Il écrit de merveilleuses chansons, il excelle au trivial pursuit, au piano, à la guitare et en course automobile (même si, jeune pilote, lors de sa première virée en 4L de compet', il a failli assassiner une petite fille qui traînait sur le circuit). Il est très fort en boxe française, même si le tournoi des Champs Elysées lui a valu un abonnement de trois ans chez le dentiste. Il est loin d'être mauvais en lancer de glaçon et en jeté de coca-cola sur des invités guindés. Ce qui lui a permis indirectement, par l'intermédiaire de son coach de l'époque : l'Oncle Guy, de battre un record dans un nouveau sport : La traversé d'un couloir de 100m sans toucher le sol à coups de pieds dans le derrière. Benoît a finalement négligé le sport au profit du métier de comédien et tous ceux qui l'ont vu jouer, moi le premier, ont été conquis. Il a quitté, en seigneur, la troupe d'Agen. Uniquement parce qu'il avait encore le bas du dos douloureux à cause de l'Oncle Guy et ne voulait pas aggraver son état en payant de sa personne pour réussir. Il faut dire que dans ce milieu…

 
Benoît a beaucoup appris à chacun des cousins. Moi qui vous parle, je lui dois beaucoup… Notamment ma cirrhose, ma première fausse dent, mon goût immodéré pour les courses de mobylettes et mes baignades nu et imbibé dans des piscines Toulousaines et des fontaines publiques Parisiennes.

A mon merveilleux frère Alexandre, il a appris à implorer à genoux et en Suédois, dans des commissariats Espagnols, des policiers visiblement Grecs.

A mon cher cousin Thibault, il a enseigné les courses de tracteurs mais, si on en juge par l’état du claustrât de la piscine de l’Oncle Bertrand après le premier tour de piste, le succès de l’apprentissage fut plus que modéré.

A mon non moins précieux cousin Xavier, il a appris à insulter, en allemand, des motards skinheads ivres morts et peu portés sur les discussions philosophiques et à maquiller des voitures pourries pour les revendre dix fois leur prix.

A son propre frère Thibault, il a appris à se battre au couteau ou à agresser mon frère à coups de tessons de bouteille… Mais notre père Arcady veillait alors Benoît a du partager son dentiste avec son frère.

A sa sœur Vanessa, il a tenté d'apprendre qu'un jeune cadre dynamique, beau, séduisant, intelligent, bien élevé, cultivé n'est pas nécessairement la pire chose qui puisse lui arriver.

 

Il est de coutume aussi de raconter la rencontre des nouveaux mariés. Voilà, à peine romancée, ce que fut celle d'Isabelle et Benoît.


Alors que je surfais sur Internet à la recherche de la 127ème potentielle mère de mes futurs enfants, je tombais par hasard et de haut sur une annonce qui me fit (re)bondir. Je ne sais pas s'il est très délicat de lire cette annonce, surtout devant ce parterre de gens très comme il faut… Si ? bon d'accord…

 

Annonce validée le 11 mai 99 sous le pseudonyme " Ben ".

" Bonjour, moi c'est Ben mais mé cousins m'appelle " Ravioli " et il ne tient qua toi de l'etre aussi (ravie au lit). En fête, je suis pas aussi bau que sur la phauto, cé celle de mon cousin Christophe. Mé je sais cuisiner, faire l'acteur et je fais le marteau. Répons moi vite… "

 

Je reconnus le style et l'écriture de mon cousin adoré ainsi que ma photo. Les nombreuses rencontres pitoyables et navrantes que je fis moi-même sur le réseau m'enjoignirent d'aider Benoît afin qu'il rencontre une jeune femme merveilleuse par des moyens dont il n'aurait pas à rougir plus tard, lui... Déjà que son passage fulgurant et gagnant à " Tournez manège " l'avait mis au ban de la famille…

Benoît est très fier de ses origines, la devise de sa famille, c'est " Si la route te manque, trace-la ". Alors, on a tracé… jusqu'au rayon-gourmand des Galeries Lafayette, parce que Benoît préparait un dîner fabuleux dont lui seul sait gratifier ses cousins.

En arrivant, j'implorais Benoît, si Dieu était avec nous et qu'on rencontrait une fille bien, de ne pas tenter de sortir sa culture mais de plutôt rentrer son ventre.

 

Nous échouâmes au rayon poissonnerie fine ou j'intuitais qu'on allait rencontrer la sirène de Benoît. A peine avions-nous tourné à droite des harengs qu'il nous fallu écarter quelques thons (dont certains n'étaient pas sur les étales). Benoît se cracha dans les mains et aplatît sa mèche rebelle et unique d'un geste auguste. Il voulait être magnifique au cas où le hasard lui ferait croiser la route de son égérie et qu'il aurait l'opportunité de l'attirer (du verbe " attirer ", Tante Brigitte, en un seul mot !). Pour l'attirer, disais-je, dans ses filets. Il jetait alors un regard concupiscent pour ne pas dire lubrique sur quelques raies (dont certaines n'étaient pas non plus sur les étales…).

Et là, aux détours d'une allée peu avenante mais fleurant bon la palourde : Le Miracle, Isabelle. Je fus ébloui et aussitôt tenaillé entre l'envie de garder ce miracle pour mon usage personnel et celle de me sacrifier sur l'autel du devoir accompli. En loyal cousin aimant, j'optais pour la deuxième solution. Par ailleurs, elle n'avait d'yeux que pour lui ce qui rendait le sacrifice moins gratifiant même si tout autant douloureux. Je décrochais un coup de coude salvateur et bien ajusté à Benoît qui était toujours fasciné par les raies du crû susmentionnées. Leur regards se croisèrent. les laissant là, pantois, un peu bêtes même. Les yeux dans les yeux, des expressions de merlan fris accrochés à leurs visages. Voilà, C'est beau l'Amour, c'est beau partout finalement.

 

A défaut de mon dévolu, c'est un regard bienveillant que j'ai jeté sur Isabelle. Elle qui fait partie du cercle des privilégiés qui côtoient Benoît au fil des jours. D'aucuns se demandent ce qu'elle a pu lui trouver, pourquoi c'est la seule à lui avoir dit " oui ", comment elle fait pour supporter ses frasques, son cousin, et ses troubles du comportement. Elle l'aime, tout simplement, avec toute la tendresse dont il est plus qu'attentif : nécessiteux. Elle l'aime, partout. Elle l'aime même quand elle dort. Murmurant son prénom dans son sommeil ou embrassant l'air alors qu'il est à plus de dix mètres. Je ne vais peut-être pas vous le mimer, je n'ai pas leurs talents de comédien… Si ? bon d'accord… [MIMES] …Je vous jure que c'est vrai !


Elle l'aime tout le temps quoi qu'il fasse. Par exemple, ceux qui connaissent Benoît savent qu'il est d'une intelligence rare mais que s'il lui arrive de me battre à des jeux idiots, c'est plus rare à des jeux intelligents. Depuis quelques années pourtant ça lui arrive. Isabelle se sacrifie systématiquement, ne jouant que pour le faire gagner lui. Un autre exemple ? Bon d'accord… Quand, en famille, devant témoins, Benoît a une interprétation toute personnelle des règles d'un jeu et que je me vois obligé, à regret, de le virer de chez moi pour éviter le bain de sang, seule Isabelle défend encore l'indéfendable, même six mois après, alors que Benoît qui ne nourrit jamais la moindre rancune a déjà oublié l'épisode depuis longtemps.


Je ne voudrais pas qu'il y ait pas la moindre ambiguïté dans mes propos. Cela, rend Isabelle encore plus belle à mes yeux, et leur amour encore plus admirable voire enviable.

 

Isabelle, Benoît, comme je vous veux du bien, comme je vous aime… Tels que vous êtes et me laissez être auprès de vous, si souvent.

 

Benoît, on ne t'a pas toujours fait les cadeaux les plus subtils, nous autres de ta famille ou la Vie elle-même. Pourtant, aujourd'hui, avec ta générosité légendaire, tu offres à la Vie, à ta famille, à ceux qui t'aiment, le plus beau des présents : une nouvelle famille, exceptionnelle s'il en est, au sein de laquelle j'ai, moi-même, eu le bonheur d'être reçu comme un prince à plusieurs reprises. Cette famille est cerisée sur le dessus par une jeune femme, la tienne désormais, exceptionnelle qui, outre le bonheur de ses parents, fait le mien et l'unanimité partout.

 

Michèle, France, Mimi, Edouard, Tonio, Bertrand, vos fille, belle-fille, fils, beau-fils convolent aujourd'hui. Nous tous ici, vous sommes immensément reconnaissants d'avoir organisé aussi magnifiquement ce mariage qui restera gravé en chacun de nous.

 
Vous savez la tendresse infinie que j'ai pour vous et pour Isabelle et Benoît. C'est avec une émotion que j'ai du mal à contenir que je vous promets solennellement d'être toujours auprès d'eux afin qu'ils brûlent toujours de s'élever et ce, vers un avenir radieux.