Comment se battissent puis s’effondrent les empires

 

J’avais vaincu les fiers guerriers du grand Nord, détruisant de la première à la dernière, à mains nues, leurs forteresse réputées inexpugnables. J’avais, avec pour seules armes ma témérité et mon glaive argenté, défait les cohortes barbares déferlant sauvagement de l’Est. J’avais stoïquement supporté, sans l’ombre d’une plainte, mille blessures dont la moindre aurait suffi à faire passer de vie à trépas le plus féroce éléphant de guerre Carthaginois. J’avais, par mon seul charisme, constitué une armée d’amazones ardentes pour lesquelles j’étais tout et qui me suivirent dans mes conquêtes les plus audacieuses. J’avais assis mon autorité sur tout l’Ouest ou seul l’énoncé de mon nom suffisait à faire taire les foules bêlantes et blêmir ceux qui avaient la moindre velléité de s’opposer à moi. Là où mon cheval passait, l’herbe repoussait plus verte. La bataille finale pour l’annexion du Sud fut épique. Afin de galvaniser mes armées, je me jetais moi-même dans l’affrontement, distribuant la mort parmi les rangs ennemis. Le monde libre avait les yeux braqués sur mon glaive dont chaque tournoiement rapprochait un peu plus l’Humanité du bonheur suprême de m’avoir à sa tête. La victoire fut mienne.

J’allai enfin goûter aux joies simples dues aux grands de ce monde, à ceux qui ont tout conquis lorsque…

…VLAN…

Un solide coup de coude me jeta au bas du lit, le nez douloureux. Celle que j’allai assurément choisir pour régner à mes côté ne partageait pas mon rêve et voulait sa part de couette.